Escapade à Thessalonique

Non repu par les kilomètres qu’a supporté jusqu’à présent mon postérieur, je suis partie pour le week end en Grèce à Thessalonique, “Солун” en langue slave (prononcer Soloun). Ville de 500000hab. environ, située sur la côte Nord/Est. 5 heures de voyage en train, 20 euros l’aller/retour,  6,5euros le demi de bière !! (Moins de 1 euros en Macédoine). Ville très touristique où il est impossible de trouver un restaurant gastronomique pour y déguster moussaka et autres spécialités. Par contre fast food et Gyros/Kebab à volonté sur les trottoirs bitumés.
Statue d’Alexandre le Grand bien visible, mais aucun vestige de Parthénon, ni de théâtre antique !! Perdus parmi les building, quelques vestiges des Occupations successives des Empires Byzantin et Ottoman. Ca vaut quand même le coup de chercher les cailloux dans les rues rectilignes !
arche
Vestige d’une archedsc01417.jpg  dsc01566.jpg
 dsc01544.jpgéglise Orthodoxe.
Publié dans:  on 25 03 08 at 1:06 Commentaires (1)
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France/Balkans : actualité politique

J’avais déjà écrit quelque chose à ce propos (voir le billet intitulé “Reprenons depuis le début de l’aventure”, daté du 11/03/08).
Ici le “problème” concernant la situation politique de la Macédoine fait la Une des actualités, et dans la mesure où N. Sarkozy est directement concerné, les français vivant en Macédoine sont quotidiennement interpelés par les macédoniens à ce sujet.
Voici les propos de N. Sarkozy lors de la Conférence de Presse au Conseil Européen de Bruxelles : Question – “Monsieur le Président, vous avez rencontré le Premier ministre grec, M. Caramanlis, il me semble aujourd’hui. Quelle est la position de la France sur le problème du non entre la Macédoine et la Grèce ? Nous avons eu l’impression que la France soutenait la Grèce”.

Réponse de N.Sarkozy – “Oui, c’est une bonne impression. Je l’ai fait savoir à plusieurs reprises au Premier ministre grec sur l’affaire du non de la Macédoine, puisque tel est le sujet. J’ai indiqué que nous soutenions la position grecque. Les Grecs sont des amis. Et puis vous savez, depuis qu’on a écrit un livre en Grèce sur Sarkozy de Thessalonique, je me sens obligé d’être solidaire ! Mais je vous confirme que nous sommes très solidaires de la position de nos amis grecs, je l’ai encore confirmé au Premier ministre grec.”

En réponse à cela Erol Rizaov, Directeur du quotidien macédonien Utrinski Vesnik, a répondu par une Lettre ouverte au Président : “[...] Il y a à peine deux décennies, lorsque arriva la chute du communisme et commença la désintégration de la Yougoslavie, l’un de vos compatriotes, monsieur Robert Badinter, avec d’autres éminents juristes français et européens, a dit que de toutes les anciennes républiques yougoslaves seules la Macédoine et la Slovénie remplissaient toutes les conditions pour être internationalement reconnues. A l’époque, le président François Mitterrand avait dit « Oui, c’est ainsi, le droit dit ainsi, la Macédoine doit être reconnue, mais en politique les choses se présentent autrement. Les intérêts politiques sont plus forts que le droit et la justice ». Et ce fut ainsi. La politique est toujours victorieuse sur le droit. Cependant, Monsieur Sarkozy, nous sommes surpris, car votre déclaration était inhabituelle et pas dans la tradition d’un Président français. Bien entendu, nous savons que la France est depuis toujours une grande amie de la Grèce. Et nous ne faisons rien pour contrarier cette amitié sincère. Notre déception et notre tristesse viennent plutôt du fait que nous aussi voyons en la France et en les Français des amis, et que nous étions persuadés que la France voyait en nous un ami sincère. Les paroles que vous avez prononcées à Bruxelles exprimant que la Grèce, en tant qu’une grande amie de la France, aurait tout le soutien de la France dans le conflit autour de notre nom, grâce entre autre au livre « Sarkozy de Salonique » publié en Grèce, sont vraiment choquantes pour les deux millions de citoyens de la Macédoine.

alexbuce.jpg

Je ne crois pas que vous pensiez sérieusement que le livre sur votre grand-père doive être le ressort principal dans ce conflit insensé où un Etat impose un nom à un autre Etat. Certains connaisseurs de la question affirment que le problème du nom de la Macédoine ne vous est pas connu du tout. [...]“.

Lien vers la Lettre ouverte au Président de la République Française

Lien vers la Conférence du presse au Conseil Européen de Bruxelles, du 14 mars dernier.

Comment laisser un commentaire sur le blog ?

A la demande de certains d’entre vous perdus dans le ressac des vagues virtuelles, je vous explique comment laisser un commentaire sur le blog.

Précisions préliminaires : Vos commentaires seront envoyés sur ma boite mail dont l’adresse ne figure pas directement sur le blog pour une question de confidentialité. Une fois reçus, il m’est possible de les approuver ou des les refuser. Eh oui ! Le pouvoir de la censure existe dans tout moyen d’expression et de communication !! Une fois approuvés vos commentaires seront “publics” c’est-à-dire lisibles par n’importe quel internaute. Aussi apparaiteront-ils en dessous du billet sur lequel vous avez fait le commentaire.  Choisissez donc bien l’emplacement où vous souhaitez faire un commentaire.

 dur dur l’informatique

Démarches à suivre : en dessous de chaque billet publié apparait le groupe auquel appartient le billet (ex: “Le Voyage”, “En attendant le départ” ou “sur place”) suivi de la date et l’heure de publication. Puis soit il est écrit “aucun commentaire” soit “un, deux ou trois commentaires”. Cliquez sur le mot “commentaire”, vous êtes alors automatiquement redirigé vers une page dans laquelle n’apparaît que le billet sur lequel vous voulez laisser un commentaire. Il suffit alors de descendre en bas de page. Vous verrez un cadre blanc titré “leave a comment” (en français “laisser un commentaire”). Vous n’avez alors qu’à écrire votre commentaire et à cliquer sur “submit a comment” (en français “soumettre un commentaire”). Il vous sera ensuite demander de préciser votre nom ou adresse mail; Il est préférable de n’utiliser que votre prénom ou un surnom ou un diminutif, de manière à ce que je puisse vous reconnaître mais que les internautes “hors tribu” ne puisse pas usurper votre identité.

Si ce n’est pas clair envoyer moi un mail.

Publié dans:  on 18 03 08 at 3:05 Commentaires (2)

музиkа / Musique

La musique des balkans occupe une grande place dans la société et la culture. Qu’ils soient de Serbie, de Bosnie ou de Macédoine, ils aiment vraiment la musique qu’il s’agissent de danser, de chanter ou de jouer d’un instrument.

Quand j’étais à Sarajevo, l’hôtel avait organisé une soirée “diner-dansant” avec un groupe de musique. Hommes comme femmes dansent énormément, et forcément les danses ne sont pas les mêmes qu’en France, quoiqu’on puisse rapprocher leurs danses de groupe au folklore de Bretagne.

Avec 4 autres volontaires j’ai passé une soirée dans une famille bosniac qui s’occupe d’un club de randonnée. Sans même les connaître (l’un des volontaires les avait rencontré lors d’un premier voyage effectué en Bosnie) ils nous ont offert un verre de “рakja” (prononcer : Rakia) et nous ont invité à danser malgré le manque de place. Pour l’instant c’est l’un des meilleurs moments que j’ai passé.


Vendredi soir, j’ai connu pour la première fois l’ambiance des discothèques de Macédoine. La soirée allait de surprise en surprise. La première : en arrivant à l’entrée de la boite, il n’y avait pas de videur !! En France cela n’existe pas !! La deuxième : L’entrée est gratuite !! En France cela n’existe pas non plus !! La troisième : le type de musique. En première partie de soirée c’est-à-dire de minuit à 1h30, ils passent du rock type David Bowie, Rolling Stones, Eurythmics, The Who !!! Incroyable non ?! Ensuite quatrième surprise : un groupe de musique a joué à l’intérieur de la boite !!! Cela ne se voit jamais non plus en France.

Je ne peux pas parler de musique sans évoqué Toшe прoeckи (prononcer Toche Proeski) et Aspirina. Le premier est un jeune chanteur de musique pop. Plus que populaire en Macédoine, c’est un symbole, un emblème et une fierté nationale. Il fut l’ambassadeur de l’Unicef pour la Macédoine. Encore plus reconnu pour sa bonté que pour sa musique. C’est bien simple tout le monde le connait, et tout le monde le pleure, car ce jeune de 26 ans s’est tué dans un accident de voiture il y a quelques mois. Si aimé qu’à l’annonce de son décès le Parlement a interrompu son activité, et le gouvernement mis à disposition un hélicoptère de l’armée pour récupérer la dépouille. Il y a eu une journée de deuil et de recueillement 40 jours après sa mort (soit le jour où l’âme monte au ciel) : les jeunes dans les écoles et les gens dans les villages ont planté des arbres en sa mémoire !!

vidéo sur le titre qu’il a composé pour supporter l’équipe de football de Macédoine.

 

Aspirina appartient à un autre genre musical : ce que les macédoniens appellent le Turbofolk. Plutôt techno, filles blondes à forte poitrine dans les clips. Le genre de stéréotype féminin auquel les jeunes s’identifient mais qui n’existent nulle part ailleurs qu’à la télévision. En macédoine les adolescentes se teignent les cheveux en blond, et portent des jean serrés de haut de la cuisse à la cheville. Très “européanisées”. Les paroles du titre le plus fameux du moment sont du genre “J’avais tellement bu hier soir que ce matin je me réveille aux côtés de quelqu’un que je ne connais pas et j’aimerais prendre une aspirine pour soigner mon mal de tête”…On peut difficilement être plus clair…!

En voici une vidéo

Publié dans:  on 17 03 08 at 1:09 Laisser un commentaire
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Une semaine a SARAJEVO

Dès mon arrivée à Struga, mon association d’accueil m’a envoyée a Sarajevo pour que j’y effectue mon “arrival training”, en francais ma “formation d’arrivée”. Ceci consiste en un regroupement de tous les volontaires européens arrivés dans les Balkans depuis peu de temps (en l’occurrence, j’étais la dernière arrivée), les autres étaient dans les Balkans depuis 4 semaines voire depuis 2 mois !! Je vous avouerais que ces derniers jours ont été éprouvant car je me sentais un peu perdue par tant de nouveautés à découvrir. Je n’avais pas posé mes valises à Struga que je repartais 800 kms ailleurs en bus !!

Cette formation à Sarajevo servait essentiellement à créer un réseau de contacts entre volontaires afin de pouvoir voyager dans les pays ou chaque volontaire effectuerait ensuite son projet. Nous étions donc 30 jeunes, pour la moitié des français, l’autre moitié venant d’Espagne, d’Italie, du Portugal, d’Allemagne, de Lituanie, de Rép. Tchèque, et de Pologne.

Nous étions logés dans un hôtel de luxe “Hotel Hollywood”, tout frais payés. Merci l’Europe !! Pour vous remercier de contribuer financièrement à mon volontariat, à défaut d’avoir pu partager un moment avec vous dans le jacuzzi ou des séances de massage, je dois bien au moins partager quelques photos !!!
hotel hollywood Voici la piscine extérieure. A l’arrière plan, on peut apercevoir l’une des chaines de montagne qui borde toute la ville de Sarajevo.
Cette formation nous a appris aussi à reconnaitre une situation de “choc culturel”, les symptômes et le moyen de la comprendre, de s’en servir et de pas se laisser dépasser. Deux symptômes assez faciles à identifier (pour moi en tout cas car j’étais dans ce cas) sont, l’envie d’être ou de rester au lit, le second d’avoir une sensation de faim tout au long de la journée. Ressentis provoqués par un changement de rythme radical et par une perte de repère.
La ville de Sarajevo est un paradoxe en elle-même, partagée entre les ruines et les constructions modernes. La photo qui suit montre assez bien cela.
Au premier plan la digue de la rivière Miljacka, au deuxième plan des “baraques” en taules, en bois ou en brique, à l’arrière plan des buildings probablement construits a l’occasion des Jeux Olympiques de 1984.
building and suburbans
L’ambiance est donc assez étrange, toutes les façades restant debout sont criblées d’impact de balles, là j’ai vraiment imaginé qu’à l’époque les gens s’affrontaient et se tiraient dessus de fenêtre à fenêtre avec seulement une rue de 5m les séparant.
facades criblees
Le premier jour de mon arrivée, il faisait très chaud et j’étais en tee shirt, mais il a beaucoup neigé les jours qui ont suivis. Sarajevo sous la neige c’était vraiment beau.
Pour la première fois de ma vie je suis entrée dans une mosquée (en restauration), avec un volontaire musulman d’origine turque. Il m’a appris beaucoup de chose notamment sur la manière dont ils procèdent pour la prière et ce que l’imam chante pour l’appel à la priere : ” Allah est grand, Allah est beau, etc” seulement trois phrases qu’il repète et qu’il fait durer le plus longtemps possible par le chant.
Sinon j’ai gouté un vin du Montenégro le “Vranac”, vin rouge léger, et découvert le “Burek”, pain garni avec soit des épinard, soit de la feta, soit de la viande, soit des pommes de terres.
Publié dans:  on 12 03 08 at 4:42 Commentaires (7)
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Reprenons depuis le début de l’aventure !

Il s’est passé tellement de chose depuis mon arrivée ici qu’il me faut prendre le temps de revenir sur ce qui me paraissait être des détails et qui en fait n’en sont pas.
Donc je suis arrivée le 27 février. Un jeune macédonien m’a récupéré à l’aéroport et m’a emenée prendre le bus pour Struga. Dans la voiture nous avons fait connaissance et pour me mettre vite dans l’ambiance il m’a expliqué que l’après midi même il y avait eu une “demonstration” (terme anglais). J’ai bien compris qu’il s’agissait d’une manifestation. Mais aujourd’hui je sais exactement de quoi il s’agissait. Un événement de la plus haute importance pour les macédoniens et pour comprendre ce qui se passe chez eux depuis quelques mois.
Un bref point sur l’histoire du pays (en tout cas de ce que j’ai compris depuis que je suis ici) :
La Macédoine était à l’origine le nom d’une région des Balkans et non le nom d’un pays. Cette région appartenait à l’Empire Turc. En 1913, La Serbie, la Bulgarie et la Grèce chassent les Turcs et revendiquent chacune la possession de la région de la Macédoine. La Rép. de Yougoslavie se constitue après la Première Mondiale. A la chute de Tito en 1991, chaque pays prend son indépendance, et la Macédoine également. Mais depuis aucun des pays ex-yougoslaves ne la reconnait comme pays. Ou plutot ils (la Grèce surtout) ne la reconnaissent comme pays indépendant qu’à condition qu’elle ne se nomme pas “Macédoine”, puisque ce terme désigne une province des Balkans et un passé commun.
Le 27 février dernier les macédoniens manifestaient pour cela. La Grèce met la pression au gouvernement macédonien, pour qu’il change leur nom en “Nouvelle Macédoine” ou “Macédoine du Nord” ou “Haute Macédoine” et cette pression dure depuis 17 ans. Tant que le gouvernement macédonien n’accepte pas ce changement de nom, après avoir été aussi contraint de changer son drapeau, la Grèce et autres pays des Balkans, ne la désigneront pas comme “Macédoine” mais par le sigle “FYROM” (en anglais) “ARYM” (en français) qui signifie “Ancienne République yougoslave de Macédoine”. Ceci peut sembler être un détail mais ce n’en est pas un. Pour deux raisons : la première est une question d’identité et de liberté de choix. Il faut s’imaginer être dans leur situation par exemple que le nom de “France” ait été refusé par des pays voisins, et que les français aient été contraints de s’appeler “Nouveaux Français” ou “Nouveaux Gaulois” après l’occupation allemande par exemple. La deuxième raison est que ce genre de pression a de lourdes/graves conséquences politiques. Depuis 2004 la Macédoine a demandé son adhésion à l’UE. Ici ce qui importe n’est pas d’être pour ou contre son adhésion, ou pour ou contre l’élargissement de l’UE. Ce qui importe c’est que depuis 17 ans la Grèce, pays adhérents de l’UE et de l’OTAN, se sert de ce “problème” de nom et de drapeau pour mettre son veto à l’entrée de la Macédoine dans les organismes mondiaux ou européens. Officiellement les conflits d’ordre nominal ne peuvent pas constituer un empêchement à l’accès à l’OTAN mais dans les faits, les enjeux économiques et diplomatiques cachés sous ce problème de nom en sont bien un !
 
Je vous en dirais plus dans quelques semaines, puisque c’est du 2 au 4 avril qu’aura lieu la prise de décision de la Grèce, lors du sommet à Bucarest.
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez suivre l’actualité des Balkans sur internet en lisant “Le courrier des Balkans” ou “Le courrier de la Macédoine”.
Publié dans:  on 11 03 08 at 10:59 Laisser un commentaire